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15 janvier 2007

"FICTION" N°4


J'ai adoré ce 4 ème tome de Fiction ( voir plus de précisions sur l'histoire de Fiction dans la fiche Oeuvres à la lettre F ), anthologie périodique de science fiction, que je viens de découvrir....
La couverture est signée Moebius, du beau travail. L'édito nous donne une foule de détails sur la conception de ce 4 ème numéro, ce qui est fort interressant si on a apprécié le contenu et qu'on est un peu curieux de découvrir l'envers du décor.
"Les golems de Détroit" d'Alex Irvine est un petit texte basé sur une idée très originale,la description d'une usine de Golems, très bien écrit malgré 2 ou 3 phrases traduites de façon un peu bizarre.
"Adagio pour un reflet" de Frédéric Jaccaud explore les tréfonds de l'âme torturée du "Silver surfer" ( oui, celui des comics Marvel ! ) qui raconte son existence dans le monde des humains.
"Le dernier de la file" d'Esther M. Friesner est un de mes préférés : Dans l'Egypte antique, lorsqu'un pharaon décéde, sa cour rapprochée, ses esclaves, sont tenus de l'accompagner dans l'Au delà, pour continuer à le servir - la vie sur Terre n'étant qu'un passage, pour les egyptiens de cette époque - Namtar fait partie de cette cour et s'apprête à suivre Pharaon dans la mort. Seulement, un événement imprévu surgit dans la file d'attente vers l'Au delà.....( Comme quoi, la science fiction, ça n'est pas seulement les fusées et les rayons lasers... ).
"Miss Carstairs et le triton" de Delia Sherman m'a également beaucoup plu : Une scientifique communique par télépathie avec un triton, et nous suivons cette relation profonde qui se noue entre 2 êtres qui, bien que vivant dans 2 mondes différents, s'enrichissent mutuellement. La psychologie des 2 protagonistes est décrite avec beaucoup de finesse.
"L'homme latéral" de Martin Gardner met en scène 2 illusionnistes qui mettent en pratique le concept du ruban de Moebius, à leurs risques et périls...original et amusant.
Suit ensuite un essai de Thierry Smolderen sur ce ruban et sur la façon dont Moebius a conçu ses BD : J'avoue ne pas avoir fini cet article, tellement fouillé qu' il ne peut être apprécié que pour ceux vraiment mordus des BD de Moebius.
Laurent Queyssi se lançe ensuite dans un essai présentant la revue Métal Hurlant, très bien fait et instructif pour ceux ne connaissant cette revue que de nom.Suit ensuite un portfolio d'Ashley Wood, un dessinateur au style très anguleux...
"Le cosmos de cristal" de Rhys Hugues développe la théorie selon laquelle la Terre aurait dans l'espace des soeurs jumelles sur lesquelles les actions menées par les humains seraient le mêmes, à quelques variantes près ( Cela me rappelle le très bon "Chaîne autour du soleil" de Simak ). J'ai trouvé ce texte un peu long, bien que plaisant à lire.
"Terre promise" de Steven Utley repose sur le thème des dernières volontés d' un mort qui souhaite voir répandre ses cendres sur une île, je n'ai pas trop accroché.
"La veillée d'astres" écrite par la très jolie plume de James Stoddard évoque de façon poétique le travail d'astronomes capables de déplaçer des étoiles, par les yeux d'un jeune garçon qui aimerait beaucoup y parvenir, lui aussi. Un texte à retenir.
"Notre -Dame d'Heisenberg" de Xavier Mauméjean ne m'a pas du tout plu, j'avoue ne pas avoir saisi la logique de l'histoire, et après 3 pages j'ai arrêté...le texte et le style d'écriture me semblant vraiment trop hermétique.
J'ai par contre adoré "Instruction au sosie" de David Calvo, qui narre l'histoire d'un étudiant qui prend un job de "cobaye" pour gagner un peu d'argent, et l'expérience s'avère très éprouvante ...bien qu'on ne lui demande rien, si ce n'est de vivre normalement. Non seulement l'idée centrale du texte est excellente ( non, aucun rapport avec l'émission de téléréalité "Le loft", rassurez vous, chez Fiction, on ne prend pas les lecteurs pour des décérébrés ), mais en plus, le style d'écriture de Mr Calvo est très vivant et fluide, on a vraiment envie d'en découvrir plus sur cet auteur ( sa prose sera un jour présentée dans ce blog, je pense ).
"L'auteur de Fantasy et son assistante" de Jeffrey Ford, est très amusant, il dépeint les relations entre un auteur de fantasy un peu bourru et très "ours" dans sa façon d'être et son assistante, sa mémoire, indispensable pour retrouver d' infimes détails dans le monde gigantesque imaginé par l'auteur, parlementer avec les personnages qui le peuplent, etc... Et celui qui rends service à l'autre n'est pas toujours celui qu'on croit...
Une riche idée à la fin de ce "Fiction" : Présenter rapidement le parcours des auteurs présents dans cette anthologie, pour ne pas mourrir idiot !
En conclusion, ce Fiction présente des textes très bien écrits et originaux mettant en scène des univers très variés, et les amateurs de BD et graphismes y découvriront sans doute également des perles. Je n'ai pas commenté les illustrations et BD, car je ne serai pas très objective, cet univers me faisant moins vibrer que les bouquins ou le cinéma.Toutefois, les dessins au fusains qui illustrent les 4 premières nouvelles sont très réussis.
Un conseil si vous ne connaissez pas encore cette anthologie, soyez curieux, allez dans une bonne librairie et feuilletez ce Fiction, juste pour voir... il y a tellement de contenu que vous trouverez surement votre bonheur dans ces 335 pages !

07 janvier 2007

LA REVUE "FICTION" France 1953 - 1990, et depuis 2005



"Fiction" est une revue française de science fiction éditée par Opta, dont le premier numéro est sorti en octobre 1953 ( voir la couverture ci dessous ), à l'époque ou la science fiction en était à ses balbutiements en France, et dans le monde :


Au départ, cette revue reprenait uniquement des textes parus dans le magasine américain "The magazine of Fantasy and science fiction", puis a étendu son champ d'action en publiant également des nouvelles provenant d'autres magasines, ainsi que des textes d'auteurs français aujourd'hui reconnus, tels que Klein, Curval, ou Andrevon.

Alain Dorémieux en a été le rédacteur en chef pendant de longues années :



Cette revue présentait des nouvelles de divers horizons, mais également des critiques d'ouvrages, ou encore des essais sur différents thèmes relatifs à la science fiction.
La très grande qualité des textes a fait de Fiction la revue française SF ayant la plus longue durée de vie dans son domaine. En effet, le dernier numéro est sorti des presses en février 1990, soit 37 ans après ses débuts. Voici la couverture du dernier numéro :




Pour en savoir plus sur le contenu de cette revue lors de sa "1 ère vie" :
http://www.noosfere.com/heberg/ericb33/Fiction.htm


En 2005, une toute jeune maison d'édition, "Les moutons éléctriques" ( voir le site Web dans le bandeau à votre droite ) redonne une seconde vie à cette revue et sort le 1 er Numéro de cette nouvelle mouture le 10 mars 2005 :


Comme on peut le constater ici, l'aspect visuel de cette "Anthologie périodique de Fantasy et Science Fiction", qui paraît 2 fois par an, se veut résolument moderne en fuyant tous les codes visuels en vigueur : Soucoupes, monstres, pin-ups, mondes imaginaires,etc.

Cet ouvrage est en réalité plus proche du "beau livre", que du magasine. Imprimé sur du papier crème, très agréable à la lecture, ainsi que doté d' une couverture avec rabat, c'est un très bel objet pour tout amoureux de la lecture.

Concernant le contenu, on y retrouve des nouvelles provenant de la revue américaine "The magazine of Fantasy & Science Fiction", mais également des textes inédits de jeunes auteurs de toute nationalité, ainsi que des essais, interviews, portfolios et parfois BD's.

Cette revue est disponible en librairie.

Le rédacteur en chef est André François Ruaud, qui est également le fondateur et directeur littéraire des "Moutons éléctriques" :






01 janvier 2007

DECHIRURES Sire Cédric France 2005


Déchirures - éditions Nuit d'Avril - est une compilation de 9 nouvelles écrites entre 1999 et 2005 par Sire Cédric, un jeune écrivain français ( voir sa fiche pour plus de précisions ).
Etant enfant, j'ai le souvenir de lectures de contes de fée qui m'ont laissé une forte impression - comme pour la majorité d'entre nous, sans doute -, la sensation très vivace d'être passée "de l'autre côté du miroir", d'avoir voyagé dans le monde imaginaire décrit.
Avec ce recueil, c'est pareil, mais en plus violent et plus sombre. Sire Cedric a le don de vous prendre par la main et de vous raconter des histoires ou les apparences sont toujours trompeuses, ou le dénouement est toujours surprenant et jamais "cliché".
A la façon de Stephen King, il parvient dès les premiers mots à capter votre attention, et, avec une très bonne technique de suspense, à vous amener progressivement à passer au travers de "Déchirures" faites dans la réalité, et là....que le spectacle commençe : Des soeurs jumelles qui que tout oppose, surtout quand l'une d'elle meurt, la rencontre diabolique faite par 2 amies "Goth" dans un bar, des créatures hybrides décrites par des légendes indiennes mais bien réelles, un homme agressé par des skinheads et marqué au couteau d'une...swastika, la très jolie histoire d'une demoiselle surnaturelle vivant dans les bois, une jeune fille attaquée par des voyous dans un bus ( les pauvres ! ), un groupe de Death Métal composé d'entités maléfiques,etc.
Ce qui est particulièrement intéressant dans ces nouvelles, c'est qu'au delà des faits surnaturels et de l'aspect "noir" de ces histoires, il y a toujours une morale et de l'espoir derrière tout cela : La violence décrite n'est jamais une finalité, et c'est cela qui rends l'écriture de Sire Cédric si subtile, originale et "goûteuse".
Ce livre, qui n'est pas pour les enfants, ne vous laissera pas indemne.Ces histoires, qui se déroulent en méga technicolor, images panoramiques extra larges et son Dolby Surround vous feront l'effet d' un grand huit. Si vous entamez ce bouquin un soir, comme je l'ai fait, je vous garantis que vous ne vous coucherez pas très tôt... Ce livre vaut vraiment le détour, ne passez pas à côté.

04 décembre 2006

DUNE Tome 1 et 2 Franck Herbert USA 1965

Décors : Du sable et des dunes, à perte de vue.

L'Histoire :

Sur la planète Caladar, régnent 2 clans que tout oppose : Les Atreides, les bons, dirigés par le duc Leto, et les Harkonnens, les méchants, menés par le baron Vladimir Harkonnen.
Pour éloigner le duc Léto, qui commençe à avoir trop de pouvoir ( je ne sais plus trop pourquoi ) sur cette planète, l'empereur - dirigeant suprême de Caladar, lui fait un cadeau empoisonné en le nommant roi de la planète Dune à la place des Harkonnens qui ont - fort mal - gérés cette planète depuis 80 ans.

Dune est une planète entièrement recouverte de sable, ou chaque goutte d'eau amenée par les humains prend une valeur inestimable, tout comme l'Epice, étrange substance naturelle qui donne à celui qui l'absorbe des dons de prescience. Les vers géants sont les seuls animaux vivant sur cette terre hostile.


Restant éloignés de ces 2 clans, les Fremen mènent une vie proche de la Nature, en ayant réussi à dompter les vers géants et à en faire des moyens de transport. Surtout, ils ont un projet secret qui est d'avoir à nouveau de l'eau sur Dune, pour ne plus dépendre de la Guilde, la société de transport qui amène sur Dune le précieux liquide.
Ci dessous, une représentation de Stilgar, le chef des Fremen :


Le fils du duc Leto, Paul, développe des facultés mentales exceptionnelles grâce à son éducation et à l'Epice, et découvre qu'il est devenu le Kwisatz Haderach, le messie dont parlent toutes les légendes Fremen, celui qui les aidera à conquérir le Pouvoir sur Dune.
C'est effectivement ce qui se passe ensuite, Les Atreides s'allient aux Frémen pour lutter contre les Harkonnens - qui ont assassiné le duc Léto - et sont vainqueurs.

Ci dessous : un ver géant, avec la gueule béante, prêt à attraper le premier vaisseaux qui se posera sur la planète...


Les thèmes :
- L'écologie : Comment prendre soin des ressources naturelles d'une planète
- La lutte pour le Pouvoir
- Les capacités mentales de l'être humain ( prescience, reincarnation, ...)


Commentaires :

Même si les thèmes principaux de ce bouquin - écologie et pouvoir- sont présentés dans un univers imaginaire, ils sont décrits de façon très réaliste et correspondent tout à fait aux préoccupations actuelles de notre société. Ce livre n'est pas spécialement mal écrit, mais je n'ai pas accroché.

Pourquoi ?

- Dune est beaucoup trop long : Plus de 900 pages pour les 2 tomes en éditions de poche !
La lecture de Dune a été pour moi un processus long et douloureux, qui m'a pris environ 2 mois, mais je voulais tout de même le finir, ne serait ce que pour pouvoir écrire cette fiche de lecture, pour toi, Lecteur ( si c'est pas de la conscience professionnelle, ça !! ), et aussi par curiosité, pour comparer mon point de vue par rapport aux ouvrages style encyclopédie de la SF, qui encensent Dune.
Sur ces 900 pages, 1/3 plantent le décor, présentent les personnages et délivrent les idées principales. Le reste n'est qu'intrigues de Cour, complots, etc. ( Imaginez le feuilleton Dallas en version Space Opéra ).

- Le texte, ou le style d'écriture a un parfum de poussiéreux, Il n'y a pas de mouvement dans cette écriture, c'est comme si on regardait l'action se dérouler derrière une glace très épaisse


- 2 bizarreries dans ce roman, qui écornent sérieusement la crédibilité de l'histoire :

Savez vous que sur la planète Caladar on connaît St Augustin ( habitant de la Terre, philosophe et théologien chrétien, mort en 400 après Jésus Christ ) ???Et que sur Dune, on boit du café ????( Ca n'est pas très sérieux, Mr Herbert ! )


Pour ceux qui ont aimé ce livre-univers, allez voir ce lien, vous pourrez retrouver le monde de Dune dans de nombreuses suites à ce premier opus, présentées ici :

http://www.dunenovels.com/

Genre : Space opera

Décors : Du sable et des dunes, à perte de vue.

L'Histoire :

Sur la planète Caladar, régnent 2 clans que tout oppose : Les Atreides, les bons, dirigés par le duc Leto, et les Harkonnens, les méchants, menés par le baron Vladimir Harkonnen.
Pour éloigner le duc Léto, qui commençe à avoir trop de pouvoir ( je ne sais plus trop pourquoi ) sur cette planète, l'empereur - dirigeant suprême de Caladar, lui fait un cadeau empoisonné en le nommant roi de la planète Dune à la place des Harkonnens qui ont - fort mal - gérés cette planète depuis 80 ans.

Dune est une planète entièrement recouverte de sable, ou chaque goutte d'eau amenée par les humains prend une valeur inestimable, tout comme l'Epice, étrange substance naturelle qui donne à celui qui l'absorbe des dons de prescience. Les vers géants sont les seuls animaux vivant sur cette terre hostile.


Restant éloignés de ces 2 clans, les Fremen mènent une vie proche de la Nature, en ayant réussi à dompter les vers géants et à en faire des moyens de transport. Surtout, ils ont un projet secret qui est d'avoir à nouveau de l'eau sur Dune, pour ne plus dépendre de la Guilde, la société de transport qui amène sur Dune le précieux liquide.
Ci dessous, une représentation de Stilgar, le chef des Fremen :


Le fils du duc Leto, Paul, développe des facultés mentales exceptionnelles grâce à son éducation et à l'Epice, et découvre qu'il est devenu le Kwisatz Haderach, le messie dont parlent toutes les légendes Fremen, celui qui les aidera à conquérir le Pouvoir sur Dune.
C'est effectivement ce qui se passe ensuite, Les Atreides s'allient aux Frémen pour lutter contre les Harkonnens - qui ont assassiné le duc Léto - et sont vainqueurs.

Ci dessous : un ver géant, avec la gueule béante, prêt à attraper le premier vaisseaux qui se posera sur la planète...


Les thèmes :
- L'écologie : Comment prendre soin des ressources naturelles d'une planète
- La lutte pour le Pouvoir
- Les capacités mentales de l'être humain ( prescience, reincarnation, ...)


Commentaires :

Même si les thèmes principaux de ce bouquin - écologie et pouvoir- sont présentés dans un univers imaginaire, ils sont décrits de façon très réaliste et correspondent tout à fait aux préoccupations actuelles de notre société. Ce livre n'est pas spécialement mal écrit, mais je n'ai pas accroché.

Pourquoi ?

- Dune est beaucoup trop long : Plus de 900 pages pour les 2 tomes en éditions de poche !
La lecture de Dune a été pour moi un processus long et douloureux, qui m'a pris environ 2 mois, mais je voulais tout de même le finir, ne serait ce que pour pouvoir écrire cette fiche de lecture, pour toi, Lecteur ( si c'est pas de la conscience professionnelle, ça !! ), et aussi par curiosité, pour comparer mon point de vue par rapport aux ouvrages style encyclopédie de la SF, qui encensent Dune.
Sur ces 900 pages, 1/3 plantent le décor, présentent les personnages et délivrent les idées principales. Le reste n'est qu'intrigues de Cour, complots, etc. ( Imaginez le feuilleton Dallas en version Space Opéra ).

- Le texte, ou le style d'écriture a un parfum de poussiéreux, Il n'y a pas de mouvement dans cette écriture, c'est comme si on regardait l'action se dérouler derrière une glace très épaisse


- 2 bizarreries dans ce roman, qui écornent sérieusement la crédibilité de l'histoire :

Savez vous que sur la planète Caladar on connaît St Augustin ( habitant de la Terre, philosophe et théologien chrétien, mort en 400 après Jésus Christ ) ???Et que sur Dune, on boit du café ????( Ca n'est pas très sérieux, Mr Herbert ! )


Pour ceux qui ont aimé ce livre-univers, allez voir ce lien, vous pourrez retrouver le monde de Dune dans de nombreuses suites à ce premier opus, présentées ici :

http://www.dunenovels.com/

23 novembre 2006

"L'ETRANGE CAS DU Dr JEKYLL ET Mr HYDE" Robert Louis Stevenson 1886 GB




Genre : Science fiction


Décor : Une ruelle dans un quartier commerçant de Londres, une demeure dotée d'un laboratoire et d'un amphitéatre. Beaucoup de huis clos, peu de décors extérieurs décrits.


Histoire : Mr Utterson, notaire, se promène dans Londres avec son ami. Ils passent à proximité d'une étrange porte noire, et le notaire raconte à son ami l'histoire de l'habitant derrière cette porte, le Dr Jekyll. Ce dernier, Docteur en médecine, en droit, membre de l'academie royale des sciences, a acquis un prestige certain auprès de son entourage.
Au cours de ses travaux, il découvre que certains cristaux ont la faculté d'extraire d'un être son côté le plus noir et le plus amoral, puis de le matérialiser en une entité d'apparence humaine, un double maléfique, en quelque sorte. Expérientant cela sur lui - même, le bon Dr Jekyll se transforme parfois en son double, mauvais jusqu'à la moelle, Mr Hyde ( jeu de mot anglais, reposant sur le verbe "to hide", qui signifie "cacher").
S'ensuit alors un jeu de cache cache entre Mr Hyde qui commet divers méfaits, les autorités de la ville, le notaire du Dr Jekyll et le Dr Jekyll lui même.
Ce dernier commençe alors à prendre secrètement goût à la vie dépravée que mène son jumeau maléfique, et réalise de plus en plus souvent la fameuse transformation physique, qui lui fait prendre une apparence bestiale.

2 écueils surgissent alors :

- Mr Hyde devient de plus en plus fort et finit par poser un cas de conscience au bon Dr Jekyll : Doit - il s'abandonner à ses plus sombres instincts et ruiner à tout jamais sa bonne réputation dans la société, ou alors doit il renonçer à tout jamais au plaisir d'être dans la peu de Mr Hyde, rajeuni, téméraire, et libre d'agir sans aucune entrave morale ?

- Son entourage mène l'enquête pour découvrir l'identité du mystérieux Mr Hyde ( que le Dr Jekyll fait passer pour une mystérieuse connaissance ), et l'étau se resserre...
Le Dr Jekyll, usé par la lutte acharnée qu'il mène maintenant pour éloigner Mr Hyde, comprend qu'il ne pourra plus renouveller son stock de sels permettant la transformation, celle - ci étant dûe à une impureté se trouvant par erreur dans la première livraison.
Il ne reste donc plus qu'au Dr Jekyll à se laisser mourrir pour sauver son âme et empêcher Mr Hyde de le parasiter éternellement.


Les thèmes abordées :

La dualité des êtres humains : mi-anges, mi-démons, et la lutte pour rester du côté du moralement correct.

Dieu punit les hommes qui le défient en jouant à l'apprenti sorciers ( idem pour Frankenstein )
Ici, le Bien finit par l'emporter sur le mal

L'apparence physique repoussante de Mr Hyde est synonyme du Mal, de l'anormal... (Ce thème est d'ailleurs toujours d'actualité : Les personnes dites "belles" réussissent mieux que les autres ( lire d'ailleurs l'excellent bouquin de Jean François Amadieu "Le poids des apparences" )



Contexte : Stevenson a trouvé l'idée maîtresse de ce bouquin dans un cauchemar !!!
Bien sûr, on peut évidemment faire un parallèle entre la chimie utilisée ici et la Révolution industrielle en cours ( voir ma fiche sur "L'île mystérieuse")


Commentaires : Style d'écriture : Rien à redire, mais le rythme de l'intrigue est linéaire, monotone. En fait, cette histoire aurait pu être racontée uniquement avec le premier et le dernier chapitre, le plus intéressant, la ou le Dr donne son point de vue sur sa terrible expérience.
Tout le reste tient pour moi plus du roman policicer que de la SF ou du fantastique.
De plus, comme on connaît déjà dès le début qui est Mr Hyde, il n'y a plus aucune surprise, ce qui réduit considérablement le plaisir de lire....



19 novembre 2006

FRANKENSTEIN, OU LE PROMETHEE MODERNE de Mary SHELLEY Angleterre 1918

Le titre exact est "Frankenstein, ou le Prométhée moderne".

Selon la mythologie grecque, Prométhée crée les hommes à partir d'une motte d'argile, malgré la désapprobation de Zeus ( le roi des dieux ). Prométhée leur enseigna la Métallurgie et le feu. Zeus, pour le punir, le fît enchaîner sur une montagne pour qu'il se fasse dévorer le foie chaque jour par l'aigle de Caucase....Effectivement, Dieu a puni le scientifique pour avoir voulu l’imiter en voulant donner la vie par la science…..

Genre : Science fiction...ou gothique

Décor : Les Alpes, les forêts, la banquise,...

Histoire : Un savant, Victor Frankenstein, crée à partir de corps humains morts un être doué de raison, foncièrement bon. Cet être s'échappe du laboratoire ou il a été conçu et, non conscient de son aspect repoussant, part à la rencontre des humains.Caché dans un petit bâtiment au fond d'un jardin, il se familiarise avec le monde des humains et apprends à parler en imitant les sons qu'il entend.

Rassemblant tout son courage, il se montre à eux, se fait chasser avec brutalité, et comprend qu'il ne pourra jamais obtenir leur amour ou amitié. Il prend conscience de sa nature monstrueuse et promet l'enfer à son créateur, si ce dernier ne lui fabrique pas une compagne à son image pour échapper à la solitude. Le Dr Frankenstein s'y refuse et voit mourir un par un tous les êtres chers qui l'entourent, dont sa future épouse, étranglée par la créature. Le Dr se lance alors dans une chasse effrénée à la créature pour la détruire. Après avoir traversé la planète, le Dr Frankenstein meurt d'épuisement et de chagrin. La créature, qui n'a jamais perdu la trace de son créateur pendant le périple, apprend sa mort, et réalise le mal qu'elle a fait au travers de ses meurtres, souhaite mourir, ce qu'elle fait en s'immolant.

Le manuscrit original du roman est conservé à la bibliothèque Bodleian d’oxford.


Thèmes développés :
- La responsabilité de l'homme envers sa création
- L'Homme est il bon à la naissance ?
- Qu'est ce qui motive une créature à faire le mal ?

Contexte historique :
1820 : Découverte de l'électricité. La foudre est particulièrement mise en valeur dans le film de James Whale dans le processus d' animation de la créature.

Les critiques de l’époque :
A l’époque de la sortie du livre, les critiques furent partagées : « Frankenstein» fut condidéré comme une œuvre originale et audacieuse par certains, d’autres ( en majorité ) soulignérent le caractère blasphématoire et peu plausible de l’œuvre .
Par contre, toutes les critiques rattachèrent le roman au genre gothique, de par son aspect terrifiant. De nos jours, les spécialistes du genre désignent Frankenstein comme la 1 ère véritable oeuvre de science fiction, étant donné que la créature prend vie grâce à la science...

Accueil du roman par le public :
Frankenstein est devenu un mythe dans le monde entier.
Un grand succès, qui se traduisit par l’adaptation du roman en pièce de théatre dès 1823 en Angleterre.
Le premier film mettant en scène Frankenstein est un court métrage muet d’un durée de 16 mns réalisé par Edison.

Commentaires :
Il est intéressant de lire ce bouquin pour chasser 2 idées reçues :
- La créature, à l'origine, n'est pas mauvaise. C'est l'intolérance des hommes qui
l'a rendue diabolique.
- Frankenstein n'est pas le nom de la créature, mais de son créateur.

L'écriture est très agréable, le rythme soutenu, on ne s'ennuie pas....Le bouquin propose alternativement le point de vue du Dr Frankenstein et celui de sa créature. Mary Shelley a, je trouve, effectué une analyse psychologique très fine de la créature....quand on pense qu'elle a écrit ce roman a seulement 19 ans !!